EN 9100 : L’enjeu sécurité

La dernière version de la norme EN 9100 (2016) renforce et ajoute plusieurs exigences en matière de sécurité.

Petit tour d’horizon

SÉCURITÉ DU PRODUIT

Cette exigence se définit comme suit :

« L’état dans lequel un produit est apte à fonctionner selon les paramètres définis ou l’usage prévu sans présenter aucun risque de dommage inacceptable pour les personnes ou pour les biens. »

L’EN 9100 exige la planification, la mise en œuvre et la maitrise d’un process qui assure la sécurité du produit. En outre, cette sécurité doit être maitrisée tout au long du cycle de vie du produit. Cette exigence concerne tout autant les processus opérationnels que les processus de pilotage et de soutien.Quelques exemples :

  • Processus commercial : prise en compte des risques produit tels que spécifiés par le client, notamment par l’indication de caractéristiques clés ou éléments critiques.
  • Processus de production : prise en compte des risques produit identifiés à travers des analyses de risques des procédés de fabrication (AMDEC).
  • Processus qualité et RH : connaissance (sensibilisation) par le personnel des risques liés à la réalisation d’un produit non conforme (dysfonctionnement d’un produit qui entraine une défaillance d’un système, blessures pour les utilisateurs des produits fabriqués, risques liés à l’intégration de pièces contrefaites, risques liés aux corps étrangers (FOD), propreté du poste de travail…).
  • Processus achat : transfert de cette exigence aux fournisseurs (spécifications d’achats).

PRÉVENTION DES PIÈCES CONTREFAITES

La notion de pièce contrefaite ne concerne pas uniquement la contrefaçon. L’organisme peut être confronté à 4 types de menaces :

  • Les pièces dites « vérolées », c’est-à-dire qui ont été réparées à moindre coût sans respecter les spécifications du constructeur.
  • Les pièces récupérées frauduleusement sur des avions accidentés et remises sur le marché.
  • Les pièces neuves, mais dites « copies » (non-respect des normes de fabrication et de résistance de la pièce originale). On retrouve dans cette catégorie les matières premières qui ne correspondent pas aux spécifications demandées (possibilité de faux certificats matière).
  • En interne, des pièces non conformes, mais déclarées comme conformes intentionnellement. Ici entre en jeu la nécessité d’un comportement éthique dans l’entreprise.

Quelques actions possibles pour s’en prémunir et y faire face :

  • Formation du personnel à reconnaitre la contrefaçon.
  • Mise en œuvre d’un process de gestion de l’obsolescence.
  • Maitrise des sources d’approvisionnement externe (audit fournisseur, contrôle qualité à l’entrée, fournisseurs qualifiés et imposés par les donneurs d’ordre).
  • Exigence de traçabilité jusqu’au producteur d’origine.
  • Méthodologie de tests pour détecter la contrefaçon.
  • Veille (mise en garde des autorités si existence de pièces contrefaites sur le marché).
  • Isolement des pièces détectées contrefaites ou suspectes et information aux clients et autorités.

PRÉVENTION, DÉTECTION ET ENLÈVEMENT DES CORPS ÉTRANGERS

L’organisme doit mettre en œuvre la production et la prestation de service dans des conditions maîtrisées et cela passe par des dispositions pour la prévention, la détection et l’élimination des corps étrangers.  

Des dispositions doivent être également prises afin de préserver les éléments de sortie. Ces dispositions doivent être adaptées selon le niveau de criticité des pièces.

Quelques exemples :

  • Stockage des matières premières, composants et produits finis dans un endroit sécurisé.
  • Règles vestimentaires pour le personnel opérationnel.
  • Mise en place de la méthode 5S pour notamment optimiser les conditions de travail et son organisation (ordre).
  • Contrôle qualité spécifique aux étapes de la production où des corps étrangers pourraient entrer dans la composition du produit.
  • Transfert de cette exigence vers les prestataires externes et vérification (audit fournisseurs).

COMPORTEMENT ÉTHIQUE

L’organisme doit déterminer ce qu’il est important de communiquer à son personnel (comportements éthiques attendus). Cette communication vise deux objectifs :

  1. Développement d’une culture d’entreprise où le personnel connait et comprend ses responsabilités.
  2. Reporting de tous les défauts et non-conformités par le personnel.

En pratique, cela passe par la mise en œuvre d’un code ou charte éthique (respect des lois et règlements internes en regard aux risques de conflit d’intérêts, aux spécificités demandées par les clients, cadeaux de clients ou fournisseurs…).On pourra retrouver dans cette charte des dispositions relatives aux pièces contrefaites et corps étrangers. Dans le cas où l’organisme décide de mettre en place un code éthique, il est conseillé d’impliquer le personnel dès la conception même de ce code.

EN CONCLUSION

Garantir la livraison d’un produit « safe » demande l’implication de toute l’entreprise.

Si vous êtes à la recherche de solutions pragmatiques pour favoriser cette implication, n’hésitez pas à nous contacter. Nous nous ferons un plaisir d’identifier et de mettre en oeuvre avec vous les solutions les plus adéquates.

 

Julien Musch

Auditeur, Consultant et Formateur pour les systèmes de management Qualité-Sécurité-Environnement chez ANTICIP CONSULT.